dimanche 15 mars 2009

Que fait la police ?

Que fait la police ?

Catégorie société
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- Bulletin d’information anti-autoritaire
- Nouvelle série - numéro 28 - Mars 2009

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Editorial

Les mercenaires de l’ordre

En chaque policier que nous croisons dans la rue ou les transports en commun, y aurait-il un petit Sarkozy par délégation ? Poser la question est déjà un début de réponse ! Même volonté de nuisance envers les immigrés “visibles”, et les contestataires par trop remuants, qu’il convient de ramener à la raison, avec des arguments plus ou moins violents. Même mépris vis à vis de la misère. Même volonté d’encadrer la société avec le développement du contrôle social.

En chaque policier, posté dans une gare ou sur le lieu d’une manifestation, il est possible de trouver le défenseur d’un ordre nullement menacé.

A son niveau, le policier veut se persuader qu’il est l’authentique bras armé du président de la République et, par délégation, du ministre de l’Intérieur, du préfet de police, ainsi que de son supérieur hiérarchique direct. D’où cette certitude, affirmée dans le ton, les ordres aboyés, l’arrogance affichée envers le citoyen sans problème qui ne comprend pas ce qui lui arrive.

Au service d’un pouvoir fort, les policiers ont tendance à devenir un corps étranger au pays.

Ils se veulent, de fait, chacun à son niveau, les tuteurs de notre société, et même nos maîtres à penser. Ce qui les rend indifférents, insensibles même aux problèmes sociaux et économiques de leurs concitoyens. Au nom de la religion de l’ordre, dont ils se veulent les grands prêtres, les policiers de ce pays, par leur comportement, donnent le sentiment que la défense des libertés démocratiques est devenu le dernier de leurs soucis.

- Maurice Rajsfus

- Assermenté mais gros menteur Le 6 décembre 2004, un Malien sans papiers était tombé dans le coma pendant sa garde-à-vue au commissariat de police de Courbevoie (92). Transporté à l’hôpital, il devait y décéder le 24 janvier 2005, sans avoir repris connaissance. Suite à une enquête rapide, le parquet de Nanterre avait classé l’affaire sans suite, retenant l’hypothèse que cet homme de 38 ans s’était lui-même cogné la tête contre la porte de sa cellule, pour ne pas être expulsé. Tout comme la famille, qui n’avait pas cru à cette explication, une récente enquête de L’IGS démontre que l’un des trois policiers en cause aurait livré un faux témoignage sous serment. Ce qui a conduit l’avocat de la famille de la victime à demander un complément d’enquête, en raison de ce “témoignage mensonger”. Requête transmise au parquet de Nanterre, qui se déjugera peut-être. (Source, Métro, 19 janvier 2009)

- Humaniste Le 19 janvier, après avoir été retenue durant quatre jours par les policiers de la PAF, à l’aéroport de Roissy, une jeune congolaise âgée de 12 ans, était finalement remise à son père, lequel vit régulièrement en France. (Source, Métro, 20 janvier 2009)

- Au secours Le zèle policier, comme leur volonté de mal faire, n’a pas de limite. Le 13 janvier, dans la banlieue de Bordeaux, une automobiliste a été verbalisée pour avoir fumé ure cigarette au volant de sa voiture, écopant d’une amende de 22 euros. I1 est vrai que les policiers, sous pression de leur hiérarchie, se doivent de “faire du chiffre”. (D’après 20 Minutes, 20 janvier 2009)

- Comptine Cette charmante bluette nous a été envoyée par un correspondant toulousain qui a sans doute pu apprécier le contact chaleureux d’une matraque tonfa maniée avec dextérité. N’hésitez pas à nous aider à enrichir cette rubrique

“Le policier N’est pas de bois Boit,boit Mais sa matraque Qui échaudure Qui nous bordure Dur,dur Est en bois dur Ca c’est sûr !”

- Strictement nécessaire La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) “déplore”, dans un rapport publié le 18 janvier, au Journal Officiel, que le ministère de l’Intérieur ait ignoré sa demande de rappel à l’ordre de deux policiers impliqués dans le tabassage d’un sans papier, menotté, en 2006, à Toulouse, lors d’une opération de reconduite à la frontière. Après une enquête, qui avait confirmé les violences illégitimes dénoncées par un témoin, la CNDS avait recommandé au ministère de l’Intérieur des poursuites disciplinaires contre ces policiers. De son côté, l’IGPN (police des polices) avait conclu que la “force strictement nécessaire” avait été utilisée. (Source, Le Monde, 20 janvier 2009)

- Plus de 33 millions de personnes dans le STIC Cela fait un certain temps que le fichier STIC (Système de traitement des infractions constatées) était dénoncé comme un outil répressif totalement incontrôlé. Pour la CNIL (Commission nationale informatique et liberté), les conditions d’utilisation du STIC sont très “imparfaites”. Selon les derniers calculs, il y aurait dans le STIC quelque 5,5 millions de mis en cause, et 28,3 millions de victimes ou témoins, soit près de 34 millions de personnes recensées dans ce fichier. Pour la CNIL : “Non seulement la procédure de mise à jour du STIC est peu utilisée par les procureurs de la République mais, dans certains cas, les demandes d’effacement formulées ne sont pas prises en compte par le ministère de l’Intérieur. Sans entrer dans le détail de l’enquête conduite par la CNIL, il suffit de noter simplement que seules I7% des fiches de mises en cause sont exactes. Parmi les données stockées dans le STIC, il est possible de trouver des qualifications telles que “autiste” ou “handicapé moteur”, voire “homosexuel”, “travesti” ou “alcoolique”... (Source, le Monde, 20 janvier 2009)

- Amnésie policière Le 21 juin 2008, un Tunisien sans papiers, âgé de 41 ans, décédait au centre de rétention (CRA) de Vincennes. Sa famille ne l’apprendra, fortuitement, qu’à la fin du mois d’octobre. Ce qui a finalement conduit la famille à déposer plainte, le 20 janvier 2009, pour rétention d’information, ainsi que pour homicide involontaire, pour manquement aux obligations de sécurité, omission de porter secours et, enfin, fausses informations, atteintes à la mémoire du mort et à sa réputation, ainsi qu’à celle de sa famille. Pour la préfecture de police, cet homme, prénommé Salem, “se trouvait seul dans sa chambre au moment du décès”. De quoi, Salem est-il mort ? Selon 1′administration : “L’enquête en cours, menée par la police judiciaire, écarte la présence de traces anormales.” Il n’en reste pas moins que, dès le lendemain du décès, le 22 juin 2008, 1a préfecture de police affirmait que “Salem était connu pour des faits de délinquance grave et réitérés, notamment en matière de trafic de stupéfiants, de violence et de viol.” Ce qui, avec retard, a conduit la famille à porter plainte pour atteinte à la mémoire de Salem. N’oublions pas que le 22 juin 2008, des codétenus de Salem avaient mis le feu au CRA de Vincennes. Une certitude, le corps de cette victime qui serait décédée d’un “arrêt cardiaque”, selon la préfecture de police, n’a jamais été remis à la famille. (Sources, Libération, 21 janvier et 20 Minutes, 27 janvier 2009)

- Boute-feu Le 21 janvier, à Vitrolles (Bouches-du-Rhône), lors d’un contrôle routier, l’un des passagers d’un véhicule prend la fuite, affirment les gendarmes de service. Ce qui conduit l’un des pandores qui, n’écoutant que la voix de son devoir, dégaine et tire sur le fuyard qui sera grièvement blessé. I1 est vrai que les gendarmes ont un statut particulier, leur permettant, depuis 1903, de tirer sans être en situation de légitime défense. Bien évidemment, l’Inspection technique de la gendarmerie nationale (ITGN) enquête. Dans l’attente, le flingueur impulsif a été mis en examen, mais laissé en liberté sous contrô1e judiciaire. (D’après Métro, 22 janvier et Direct Matin, 23 janvier 2009)

- A la chasse ! Le 24 janvier, quelques centaines de manifestants s’étaient rassemblés pour protester contre le maintien en détention de trois jeunes, sous l’accusation d’avoir tenté d’incendier un fourgon de police, devant le commissariat de police du XVIIIème arrondissement, en mai 2007. Comme ce rassemblement n’avait pas été autorisé par la préfecture, les forces de l’ordre, très nombreuses, encerclaient les manifestants, interpellant une centaine d’entre eux, après avoir chargé violemment et balancé des gaz lacrymogènes. (Source, Métro, 26 janvier 2009)

- Pour la police : justice lente ! Dans la nuit du 13 au 14 août 2007, un père de famille, âgé de 37 ans, déprimé et pris de boisson, s’était disputé avec sa petite amie. Alertée par les voisins, les forces de l’ordre ne tardent pas à arriver pour maîtriser le ”forcené”. Le ton monte rapidement, et l’homme lance aux policiers : “Un bon flic est un flic mort ! Sarkozystes !” Réponse d’un policier : “Tu vas morfler, connard !”. Propos rapportés par un témoin, qui donne une fâcheuse image de l’expression policière. Comme cet homme désespéré s’applique un couteau sur la gorge, en criant : “Venez, je n’ai plus rien à perdre !” Le même policier lui répond : “Vas-y, ça arrangera tout le monde !” Va suivre une fuite par les toits, puis dans la rue. Débusqué, assis entre un mur et une voiture, l’un des policier intime au fuyard : “Sors de là !” puis tire sans sommation une balle de 9 mm, tuant cet homme sur le coup. Dix-huit mois plus tard, le policier flingueur n’a toujours pas été mis en examen, et son avocat s’escrime à parler de “légitime défense”, alors que la victime n’était pas armée. La reconstitution des faits a été reportée à plusieurs reprises. Comment ne pas s’étonner des lenteurs de la justice lorsque des policiers sont mis en cause. Surtout lorsqu’il y a mort d’homme ? (D’après Le Monde, 27 janvier 2009)

- Pas contents, les policiers ! Bonne nouvelle. Les policiers se disent écœurés par certaines tâches qui leur sont imposées. C’est ainsi que les deux principaux syndicats de policiers en tenue, SGP-FO et UNSA-Police, appellent une manifestation nationale de leurs troupes, le 28 mars 2009. Motif de cette grogne : “protéger les acquis sociaux”. En fait, ces policiers se plaignent surtout de l’inégalité de la répartition des primes qui, “ne bénéficient qu’à quelques privilégiés”. (Il convient de rappeler qu’après la révolte des banlieues de l’automne 2005, un certain nombre de policiers, en poste sur le terrain s’étaient vu attribuer une prime de 300 euros alors que certains commissaires avaient reçu jusqu’à 15 000 euros pour leurs bons et loyaux services). Même s’ils regrettent les conditions de détention dans les centres de rétention (CRA), ces policiers se gardent bien de dénoncer la politique visant à expulser un maximum de clandestins. Un bon point, pourtant, un ancien délégué du SGP remarque : “Nos concitoyens souhaitent une police efficace, juste, et pas contrainte à la rentabilité, mais prioritairement au service du peuple et de la République, quelle que soit la situation sociale”. I1 est vrai que celui qui tenait ce langage vient de prendre sa retraite. Ce qui explique peut-être ce manque à l’obligation de réserve, comme disent les bons esprits... (D’après Libération, 27 janvier 2009)

- Humanisme xénophobe Le nouveau ministre de l’Identité nationale, Eric Besson, est bien le digne successeur de Brice Hortefeux. Le 27 janvier, en “visite” dans le Pas-de-Calais, près de l’ancien centre d’hébergement de Sangatte, celui qui fut militant socialiste a exprimé de fortes paroles. Après avoir “constaté les conditions de vie déplorables” des parias qui tentent de gagner l’Angleterre, le ministre a proclamé : “I1 n’y a pas de place pour l’immigration clandestine dans notre pays !” Solution proposée : “Plus d’hommes, de matériels et de moyens sophistiqués pour rendre la frontière étanche...” En clair davantage de policiers avec, peut-être, quelques chiens. Profitant de ce déplacement, Eric Besson n’a pas manqué de se rendre au CRA de Coquelles, proche de Lille. Pourtant, comme le ministre ne veut pas donner de lui une image de barbare, le bon élève du président de la République a expliqué qu’il allait essayer de voir ce qui peut être fait pour améliorer la situation humaine mais, toute fois, “sans rien faire qui puisse laisser penser qu’on va recréer un centre” comme Sangatte. Evidemment, ce serait trop demander à cet humaniste qui a définitivement rompu avec sa tribu politique d’origine. (D’après 20 Minutes, 27 janvier et Libération, 28 janvier 2009)

- Mensonge sous serment Le 22 novembre 2007, à Nantes, trois policiers contrôlaient un homme ivre qui déambulait dans les rues de Nantes. Au lieu de 1′interpeller et de le conduire au commissariat, pour le placer en cellule de dégrisement, comme le veut procédure, ils l’abandonnent à son sort. Ces policiers sont en fin de service et ne veulent pas s’intéresser à cet ivrogne présumé. Ce n’est que vingt jours plus tard que l’on retrouvera le corps de cet ouvrier tunisien, prénommé Taoufik dans les eaux glacées du canal, situé au bout de la rue sombre où le contrôle avait été effectué. Les policiers affirmeront l’avoir laissé dans une rue bien éclairée et passante. (Se reporter à Que fait la Police ?, janvier 2008). Le 28 janvier 2009, les trois policiers comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Nantes pour “délaissement” et “faux témoignage”, admettant avoir menti sous serment, aussi bien à leur hiérarchie qu’aux enquêteurs de l’IGPN, mais refusant d’admettre le délit de “délaissement”, qui est lourdement condamnable. Comme l’a exprimé l’un des policiers : “...J’ai entendu des commentaires tendancieux et loufoques à la radio et dans les journaux. On a eu peur d’être accusé de l’avoir agressé, tabassé ou tué.” Magnanime, le procureur a requis six mois de prison avec sursis pour chacun des trois policiers, mais pas d’interdiction professionnelle, estimant que c’est à l’institution policière de prendre éventuellement une telle mesure. A suivre. (Libération, 29 janvier 2009)

- Vient de paraître Les Editions Semic ont eu l’excellente idée de publier une bande dessinée intitulée Outrage et Rébellion, signée par Robert Outrage et Marcel Rebellion -en fait, Manook et Cordoba. En vente dans toutes les bonnes librairies. A lire absolument.

- Police secours ? Le 31 janvier, à Chateau-Thierry (Aisnes) les policiers interpellent un homme, pris de boisson, et le mettent en garde à vue au commissariat. Rapidement, 1′homme fait un malaise cardiaque, et les policiers font appel au SMUR, qui envoie aussitôt un médecin pour assurer les premiers soins. Entre temps, un second malaise cardiaque se produit. Le médecin du SMUR informe les policiers qu’il faut absolument conduire cet homme à l’hôpital. Ce qui provoque une vive discussion, et le refus des policiers, qui se mettent à tutoyer ce médecin qui a sans doute le tort d’être noir de peau. Ils lui intiment l’ordre de stopper la réanimation et mettent en doute sa qualité de médecin. (Comment un Noir pourrait-il être médecin ? doivent estimer ces policiers, bruts de décoffrage). Ils lui parlent avec mépris, et vont jusqu’à le menacer d’une mise en garde-à-vue. Finalement transféré à l’hôpital, l’ivrogne, devenue victime de la police est hospitalisé dans un état grave. A l’hôpital, le personnel se montrait indigné du comportement policier envers un médecin dont la couleur de peau ne devait pas leur convenir. (D’après France Info et France 3, 31 janvier 2009)

- Invisible Le 31 janvier, à Paris, une manifestation en soutien aux membres de l’informel “groupe de Tarnac”, le fameux “groupuscule invisible” se déroule depuis la place du Luxembourg. Alors que le cortège approchait de la prison de la Santé, où Julien Coupat est toujours détenu, les forces de l’ordre entraient en action. Bilan de cette intervention policière, quinze interpellations et huit policiers blessés. (Source, Journal du Dimanche, 1er février et Libération, 2 février 2009)

- En Suisse aussi Ce même 31 janvier, à Genève, la police suisse disperse rudement un millier de manifestants qui, à l’appel de groupes alter mondialistes, protestent contre le Forum de Davos. La police ayant, parait-il, repéré quelques dizaines de “casseurs” au sein du cortège, n’a pas manqué de se défouler, tout comme le feraient de vulgaires policiers français. (D’après Le Journal du Dimanche, 1er février 2009)

- Rétention Le 31 janvier, quelque 500 personnes manifestaient devant le centre de rétention de Vincennes (CRA) pour en réclamer la fermeture. Les policiers, comme à leur habitude, en ce lieu “sensible”, n’ont pas manqué d’intervenir à la matraque. Neuf manifestants étaient interpellés et conduits au commissariat du 12ème arrondissement de Paris pour quelques heures de garde à vue. (Source, Métro, 2 février 2009)

- Pas si ripoux que cela ? Le 26 janvier, à Paris, le chef du groupe “Cabaret” de la Brigade de répression du proxénitisme, soupçonné de “collusion”, voire de “corruption” de fonctionnaires, était placé en garde-à-vue. Présenté à un juge d’instruction, le 29 Janvier, cet officier de police de haut grade n’a pas été mis en examen. I1 est vrai que 1′IGS enquête... (Source, Métro, 2 février 2009)

- Le corbeau et les policiers Le 22 janvier, à Louvroil (Nord), à 6 H 30 du matin, trois policiers s’invitent au domicile d’un paisible retraité. Ils lui disent d’entrée de jeu : « C’est très grave, vous êtes un criminel. Vus avez voulu tuer le président Sarkozy ! » Preuve à l’appui, les policiers lui montrent des lettres qu’il aurait adressées au prédisent de la République, le menaçant de « lui faire la peau... » Le brave homme croit à une farce. Sans qu’il lui soit possible de discuter, il est embarqué, en pyjama, au commissariat de Maubeuge où il va subit 7 heures de garde à vue, avec prise d’empreinte génétique, photo face et profil, comme un criminel. Il est interrogé rudement et même tutoyé. Finalement, entre eux, les policiers murmurent qu’ils « se sont plantés ». L’homme va porter plainte contre X, mais il attend également des excuses de la part de la police. (il peut toujours attendre !), qui lui suggère cyniquement de prendre un avocat s’il n’est pas content. Bien entendu, la brigade criminelle enquête pour trouver le corbeau. (Source, Le Monde, 2 février 2009)

- Identité nationale L’ancien socialiste Eric Besson, qui a succédé à Brice Hortefeux au poste de gardien de l’Identité nationale, n’a pas tardé à faire montre de son talent. Intervenant sur une chaîne de radio périphérique, le 4 février, il a déclaré la guerre aux passeurs facilitant l’accès des clandestins en France. Il n’en reste pas moins que, pour rendre son action plus efficace, le ministre a annoncé la mise en place d’un système de délation. Ainsi, tout clandestin décidant de coopérer avec la police, en lui indiquant les responsables de la filière ayant facilité son entrée en France, se verrait attribué un titre de séjour provisoire qui pourrait être renouvelé. Nous savons, d’expérience, que la délation peut être utilisée à toutes les sauces et à toutes les époques, particulièrement durant l’occupation nazie, lorsque la police française incitait les « bons citoyens » à dénoncer les communistes, les Juifs, les gaullistes, en fait tous les possibles fauteurs de troubles. (D’après Le Parisien, 4 février 2009)

- Gardes à vue En 2008, ce sont 577 816 personnes, résidentes en France et âgées de plus de 13 ans, qui ont entendu un officier de police judicaire leur notifier leurs droits : « Vous êtes en garde à vue. Vous pouvez appeler un membre de votre famille, et demander à voir un avocat. » Le nombre de gardés à vue ne cesse de croître. Il a enregistré une hausse de près de 55 % en huit ans. Au cours des douze derniers mois, c’est 1 % de la population qui a été placé sous ce régime de contrainte par lequel les policiers répondent devant leur hiérarchie de performances chiffrées qui leur sont imposées. (Source, Le Monde, 5 février 2009)

- Brutalités ordinaires Le 29 janvier, à Paris, à l’occasion du dîner du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) un rassemblement avait été organisé pour dénoncer le soutien total de cette organisation aux actes meurtriers de l’armée israélienne, à Gaza. Un important dispositif policier protégeait le lieu de ce dîner, ce qui ne devait manquer de provoquer ces inévitables « incidents » où les forces de l’ordre savent faire montre de leur talent. Au cours de ces affrontements, un militant du comité Résistance Palestine était violemment plaqué au sol et écrasé par plusieurs gendarmes mobiles. Asthmatique et partiellement invalide, ce militant palestinien ne devait être transporté à l’hôpital que très tardivement. (Source, Rouge, 5 février 2009)

- Délicatesse policière Le 4 février, la cour d’assises de Paris entendait le témoignage de la victime d’un violeur, jugé ce jour-là. La jeune femme expliquait qu’après l’agression elle s’était précipitée au commissariat le plus proche, pour porter plainte. Elle racontait son audition « par un flic qui sent l’alcool...et qui redemande quatre fois s’il a éjaculé... » Pour un peu, ce délicat représentant de l’ordre public aurait demandé à cette victime si elle avait pris du plaisir au cours de ce viol. (D’après Le Parisien, 5 février 2009)

- Petite curieuse Depuis quelques mois, il a été beaucoup question de la nocivité des fichiers policiers. Particulièrement le STIC (Système de traitement des infractions constatées). Un mauvais fait divers vient rappeler que nombre de policiers utilisent ce fichier à des fins plus ou moins avouables. Un exemple parmi d’autres ne manque pas d’intérêt : celui d’une femme policière qui, semaine après semaine, suivait les aventures des stars people dans le magazine Gala, avant de consulter indûment le STIC, pour en savoir davantage. Ayant consulté le STIC à plus de 500 reprises, la fliquette, prise en défaut, a été mise en examen en décembre 2008. Peu de chose, bien sûr, puisqu’il ne s’agissait que d’acteurs et de chanteurs, mais authentique abus de pouvoir. (Sources, Le Monde et Métro, 6 février 2009)

- Bonne sécurité Le 6 février, Nicolas Sarkozy se rendait à Flamanville (Manche), pour visiter la centrale nucléaire. Pour assurer la sécurité du chef de l’Etat, 539 policiers et gendarmes mobiles se trouvaient mobilisés sur le terrain. Comme on ne prend jamais assez de précautions pour protéger la personne du président, la préfecture maritime avait pris un arrêté interdisant aux navires de s’approcher à moins de quatre milles nautiques des côtes. Authentique ! (Source, Le Monde, 9 février 2009)

- Acharnement Si une escouade de policiers devait se déplacer à chaque carreau cassé, les effectifs des forces de l’ordre seraient insuffisants. C’est pourtant ce qui s’est passé à Villiers-le-Bel (93), le 7 février, les policiers intervenant dans la ZAC, appelés par un gardien d’immeuble pour une vitre brisée. D’où un affrontement violent entre les policiers et une cinquantaine de jeunes. Comment ne pas rappeler qu’à l’automne 2006, deux jeunes d’une cité de Villiers-le-Bel étaient morts, à bord de leur mini moto, suite à un mauvais contact avec un véhicule de police. Depuis, les policiers de ce secteur ne cessent de harceler les jeunes des cités de Villiers-le-Bel. (D’après Direct-Matin, 9 février 2009)

- Fortes paroles Suite à l’appel à la délation lancé par Eric Besson, gardien de l’Identité nationale, Frédéric Lefebvre, porte-parole musclé de l’UMP, n’a pas hésité à déclarer, le 7 février : « La dénonciation est un devoir républicain ! » (Source, Canal +, 9 février 2009)

- Quand l’ordre public n’est pas troublé Le 6 février, à Paris, aux abords de l’Assemblée nationale, quelque 150 nervis d’extrême droite, brandissant des flambeaux, célébraient le 75ème anniversaire de la tentative de coup de force fasciste du 6 février 1934. Cette action appelée par l’Oeuvre Française et le Renouveau Français, organisation néo-fascistes, était autorisée par la préfecture de police. (Source, Libération, 9 février 2009)

- A Nancy : interpellation musclée Tout finit par se savoir. Même lorsqu’une bavure se déroule dans la France profonde. Dans la nuit du 11 ou 12 décembre 2008, vers 22 H 30, une nancéenne, après une petite fête en famille, descend sortir une poubelle mais, une fois dans la rue, , la porte claque derrière elle, et elle n’a pas sa clé. Elle tape sur la porte, pour prévenir son mari. Dans la rue passe une voiture de police, dont les occupants sautent sur cette femme, lui passent les menottes et la jettent dans leur véhicule avant de la fouiller. Comme elle demande les raisons de ce traitement, une policière lui intime de « fermer sa gueule ! », puis, l’attrapant par les cheveux, lui tape la tête à plusieurs reprises sur une vitre latérale. Elle finit par s’évanouir. Lorsqu’elle se réveille, en cellule, on lui ordonne de souffler dans un éthylotest - elle est positive. Il était déjà 6 H du matin et, à 9 H, on lui dit qu’elle peut partir, lestée d’une contravention pour ivresse sur la voie publique. Cette victime de la police ne comprend pas ce qui lui est arrivé, et elle va porter plainte pour « violences commises en réunion par personnes dépositaires de l’autorité publique » car elle est couverte de marques sur tout le corps et le visage. « J’espère que ceux qui ont fait ça seront sanctionnés », dit la jeune femme. Pour son avocat, comme il n’y a aucune justification à ce mauvais traitement, « On va nous dire certainement qu’il y a eu outrages, injures ou rébellion. » De son côté, le directeur départemental de la sécurité publique ne souhaitait pas faire de commentaires. (Source, Vosges-Matin, 4 janvier 2009)

- Suicide Le 9 février, à Paris, une jeune femme policière de 23 ans se suicide au commissariat du 15ème arrondissement, avec son arme de service. Selon les premiers éléments de l’enquête, cette femme policière, arrivée dans ce commissariat en mai 2008, souffrait de troubles psychologiques, et faisait l’objet d’un suivi pour cette raison. Question : comment peut-on être policier lorsqu’on souffre de troubles psychologiques ? (D’après Direct-Matin et Métro, 11 février 2009)

- Sécurité asociale Notre éminent gardien de l’Identité nationale, Eric Besson, doit craindre pour sa personne. Arrivé à son nouveau poste ministériel, il devait demander que sept officiers de sécurité soient mis à sa disposition. Relativement généreux, le ministère de l’Intérieur lui en accordé cinq. Il est vrai que lorsqu’on occupe un tel poste à risque, il est important d’assurer ses arrières. (D’après France-Info, 11 février 2009)

- Quand l’ordre public n’est pas troublé (suite) L’information fournie par Libération (voir ci-dessus), était incomplète. Ce 6 février 2009, si les petits nazillons ont pu fêter impunément le 70ème anniversaire du 6 février 1934, près de la Chambre des députés, il n’en a pas été de même pour quelques anti-fascistes. En effet, d’une voiture passant près du cortège, les quatre occupants avaient crié, à l’adresse des manifestants : « Salauds, fachos ! » Ce que les policiers en civil, présents sur le terrain, ne pouvaient supporter. La voiture des impertinents était immédiatement immobilisée par ces défenseurs de la République, aussitôt rejoints par deux fourgons de police, puis par une dizaine de policiers arrivant au pas de course et, enfin, de deux véhicules de la Direction de l’ordre public. Les quatre garçons, priés de sortir de leur voiture, allaient subir, durant une vingtaine de minutes, contrôles d’identité et fouilles au corps. (Source, Le Canard Enchaîné, 11 février 2009)

- Les gendarmes à l’école Dans le département de l’Hérault, les gendarmes se montrent particulièrement entreprenants. Entre le 19 et le 29 janvier, des gendarmes se sont rendus dans cinq écoles du département. Dans la première, ils ont demandé « si tout allait bien », à la deuxième, ils se sont inquiétés de savoir s’il n’y avait pas de « troubles à l’ordre public » dans l’établissement. Dans une troisième, ils ont téléphoné tous les matins, entre le 19 et le 21 janvier, également pour savoir « si tout allait bien ». Le 22 janvier, à l’école Georges-Brassens de Paulhan, ils ont pris soin de noter, rappellent les enseignants, « qu’il y avait des banderoles devant la clôture, et demandé si les enseignants n’étaient pas gêné par des parents qui occuperaient l’école », demandant également « si les évaluations du CM2 se déroulaient dans des conditions normales. » Enfin, cerise sur le gâteau, le 29 janvier, deux gendarmes se présentaient à l’école Marie-Roustant de Maugio. Motif : « Demander aux enseignants non-grévistes de leur donner le nombre de grévistes de l’école. » Refus très fermes, mais les enseignants, qui se sont émus de ces interventions dans l’espace éducatif posent la question de la provenance des ordres donnés aux gendarmes. (Source, L’Humanité, 11 février 2009)

- La police fait peur Le 9 février 2009, dans la soirée, à Paris, un homme de trente ans qui s’était enfui du commissariat du 5ème arrondissement, plongeait dans la Seine pour échapper aux policiers. Repêché, il décédera quelques heures plus tard. Son crime : avoir proféré des menaces au tenancier d’un bar. (Source, 20 Minutes, 12 février 2009)

- Les gendarmes au collège Le 10 février, à 8 H 15 du matin, dans la commune d’Arthez-de-Béarn (Pyrénées Atlantiques) arrivent des cars de ramassage scolaire. A leur descente des bus, sur la place du village, une centaine d’élèves du collège reçoivent l’ordre, donné par une dizaine de gendarmes, de s’aligner, cartable au pied. Un chien renifle les sacs des enfants. Aucun produit stupéfiant n’est trouvé. Objectif, selon l’inspecteur d’académie, « sensibiliser les jeunes aux problèmes de drogues. » Devant la levée de bouclier des partis de gauche, l’inspecteur déclarait : « Je m’étonne d’un tel souffle médiatique... » Pour la présidente locale de la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves), qui avait assisté à la scène : « C’était vraiment choquant. Il fallait voir la tête des enfants Ils étaient décomposés ! » De son côté, le secrétaire départemental du SNES déclarait : « Ces contrôles sont des mesures de violence symbolique. Bien sûr, il n’y a pas eu de violences physiques mais des gendarmes en uniforme, qui donnent des ordres, c’est impressionnant pour un gamin de 11-12 ans... » (Source, Libération, 12 février 2009)

- Code la route ? Equipés de leur gyrophare et de leur sirène deux tons, les policiers et les gendarmes foncent sur les routes sans retenue, d’où de nombreux accidents. Le 15 février, des gendarmes de l’Essonne, qui poursuivent une voiture, à bord de leur fourgon, à Chamarande, qui ont sans doute négligé la priorité à un carrefour, devaient percuter le véhicule d’un couple de sexagénaires. Bilan : deux morts ! Le 17 février, le gendarme qui conduisait le fourgon était mis en examen pour « blessures involontaires. » (Source, 20 Minutes, 16 février 2009)

- Sous haute surveillance Michelle Alliot-Marie a annoncé son intention de tripler le nombre de caméras de surveillance, sur la voie publique, d’ici la fin de 2009. Le parc de caméras passerait ainsi de 20 000 à 60 000. Au cours d’une interview, la ministre de l’Intérieur a également révélé qu’elle prévoyait le redéploiement de 4 000 policiers dans les quartiers dits « sensibles », avec la mise en place d’unités territoriales de quartiers (UTQ) et de compagnies de sécurisation, qui se poursuivront jusqu’en 2011. (Source, France-Soir, 16 février 2009)

- Toujours dans le social... Le 16 février, des policiers interviennent à la communauté Emmaüs de Marseille pour y interpeller un sans papier hébergé dans les locaux de cette association. Le 17 février, une perquisition était conduite, dans les mêmes locaux, par des policiers de la PAF - le responsable du centre, interpellé à son tour, sera placé en garde à vue pendant six heures. (Source, Métro, 19 février 2009)

- Pas racistes nos forces de l’ordre ? Le 16 février, les gendarmes mobiles intervenaient avec la plus grande violence au Gosier, en Guadeloupe. Des militants syndicalistes, témoins et victimes de ce déchaînement racontent : « Ils nous tabassaient en vociférant des amabilités telles que : Sales nègres ou Chiens de nègres !, quand ce n’était pas simplement Négros ou, plus lourdement encore : Sales nègres, on va vous casser la gueule ! Un militant politique, lui-même blessé, témoigne depuis son lit d’hôpital : « Des gendarmes, fraîchement arrivés de Métropole, m’ont dit, avant de me tabasser : on a reconnu ta sale petite gueule, qu’on a vue à la télé. Sales nègres, on finira par avoir votre peau ! » Propos rapportés dans l’émission Là-bas si j’y suis, sur France-Inter, 19 février 2009)

- Inflation sécuritaire Le 19 février, Nicolas Sarkozy visitait le village de Daumeray (Maine-et-Loire). Aucun rassemblement protestataire ,’était annoncé et le déplacement était relativement discret. Il n’en reste pas moins que 700 policiers et gendarmes mobiles avaient accompagné le président, qui venait s’intéresser aux élevages bovins de la région. Le préfet et le directeur départemental de la sécurité publique de ce département agricole étaient peut-être inquiets pour leur avenir, au cas où le moindre mouvement de foule se serait produit. (Source, Métro, 20 février 2009)

- Recherche Dans la soirée du 19 février, à Paris, après la manifestation des enseignants-chercheurs, quelque 200 étudiants occupent un amphithéâtre de la Sorbonne. A l’aube du 20 février, un escadron de gendarmes mobiles, dépêché sur les lieux, va se charger d’expulser dans ménagement ces possibles nostalgiques de mai 1968. (Source, Canal +, avec images significatives, 20 février 2009)

- Qui sont les voyous ? A la mi-février, au cours d’un débat télévisé sur les événements de la Guadeloupe, le secrétaire général du syndicat de policiers en tenue, Alliance, dont le nom ne mérite pas de passer à la postérité, se permettait de traiter de « voyous » les jeunes en révolte dans cette île des Antilles françaises. Il serait possible de retourner ce compliment à cet héritier du système colonial qui, lui-même, ne mérite pas d’autre qualificatif que celui de voyou en uniforme. En fait, cette éructation correspondait à la mentalité moyenne du policier ordinaire pour qui la société est divisée en trois catégories : les honnêtes gens, les individus et ces « voyous » qui hantent les cauchemars de nos forces de l’ordre tellement soucieuses de la défense des institutions républicaines. Fort heureusement, il y a les policiers, catégorie à part dans notre société, sans qui rien ne serait possible dans une démocratie placée sous haute surveillance. (Communiqué de l’Observatoire des libertés publiques, 25 février 2009.)

SOURCE : SAMIZDAT



Publié le 13 mars 2009 par torpedo

matraques pour tous...

matraques pour tous...

Le Canard l'a relevé la semaine dernière, les média sont silencieux à propos des mouvements contre la LRU. Très silencieux. Pas mal d'universités sont toujours en grève, malgré l'UNEF. Cette info n'est pas relayée. Non reconnues comme syndicats, pas mal d'autres associations continuent à protester contre cette loi. Cette info n'est pas relayée non plus. Le traitement des mobilisations sociales par les média est bien étudié et documenté, cela ne me surprend plus.

Je ne veux pas revenir sur le contenu de la LRU, ni sur le débat qui tue le débat, à savoir les bloquages [pour info, sortie en janvier d'un livre de l'ARESER* sur la "modernisation" universitaire.]

Je voudrais seulement donner quelques infos, en forme de liste incomplète, sur les conditions dans lesquelles sont réprimées ces mobilisations étudiantes. Il y a en effet une systématisation de l'usage de la violence qui me choque.

Après Lyon 1, Nanterre, Paris 1 et 4, Grenoble... ça continue : utilisation de vigiles privés, répression violente de manifestations, etc. Mais la suite n'est pas forcément passée à la télé :

- à Lyon 2 [témoignage confirmé par différentes sources privées**], des vigiles controlent les étudiantEs et les enseignantEs assez violemment, les insultent. La manifestation pacifique qui s'est tenue pour protester contre ces pratiques a été dispersée par les CRS et les gendarmes mobiles, certains leaders étudiants ont été coursés après avoir été désignés par des inspecteurs en civil, ils ont été arrêtés, mis en garde à vue et devaient passer en jugement début janvier. Flashballs et matraques, 12 points de sutures pour l'étudiant le plus touché. [plus d'infos]

- A Nantes ? Allez lire l'article du Canard : là aussi, flashballs, un étudiant est atteint à un oeil, qu'il risque de perdre.

- A Paris 4, une pétition circule contre le président, qui a empêché la projection d'un film et la tenue d'un débat, au motif que les positions tenues n'étaient pas les siennes...

- A Amiens, les locaux occupés par les grévistes ont étés évacués sans violences par des vigiles d'une société privée [16 décembre, source privée]

- Les personnels de l'Université de Picardie se sont réunis en AG pour :
1)dénoncer les méthodes utilisées par le président pour tenter de
mettre fin au mouvement étudiant
2)condamner le recours à la force et refuser de reprendre leurs
activités universitaires dans ces conditions
3)exiger le retrait immédiat des agents de sécurité privés
[17 décembre]

- A Montpellier 2, cinq étudiants ont entamé une grève de la faim le 10 décembre, des profs démissonnent de leurs mandats.

La liste est longue, et elle est là !


*Association de réflexion sur les enseignements supérieurs et la recherche.

** Certains enseignants ont envoyé leurs témoignages sur une liste de discussion privée sans donner l'autorisation de les reproduire. Je ne les cite donc pas.

20.12.07 01:20

la biographie de Alain Bashung

la biographie de Alain Bashung

Alain Bashung

Né le 01 Décembre 1947

Alain Bashung est un artiste français né le 1 décembre 1947 à Paris.

Il passe toute son enfance chez les parents de son beau-père dans l'est de la France. Il revient à Paris en 1959 où grâce à la radio ils découvrent, en plus des chanteurs français, les grandes stars américaines comme Elvis Presley.

Abandonnant ses études de comptabilité, il monte en 1962 avec ses copains son premier groupe, les Dunces.

Jusqu'en 1997, malgré quelques bons titres, la carrière de Bashung stagne. Puis il rencontre Andy Scott, réalisateur, et Boris Bergman, auteur. Ils travaillent ensemble sur le premier album de Bashung, Romans Photos qui lors de sa sortie est un total échec car il ne correspond pas à la mode musicale punk du moment.

En 1979, il sort un deuxième opus, Roulette Russe sur lequel figure le titre Gaby Oh Gaby qui en 1980 permet à Bashung de conquérir le public. Un troisième album , Pizza en 1981 dont est tiré le single Vertige de l'amour et le chanteur commence une tournée.

Entre 1982 et 1994, Alain Bashung a à son actif pas moins de 7 albums dont le très connu Osez Joséphine.

En 1998, Fantaisie Militaire contenant entre autre La nuit je mens est sacré meilleur disque de ces vingt dernières années aux vingtième Victoires de la Musique. La même année, il est à l'affiche du film Mon père, ma mère, mes frères et mes soeurs de Charlotte de Turckheim.

Deux ans plus tard, toujours sur grand écran, il joue le rôle d'un chanteur dans Felix et Lola de Patrice Leconte.

En 2001, il se marie avec l'actrice et chanteuse de 25 ans sa cadette Chloé Mons, aperçue chez Audiard dans le film Sur mes lèvres. Ils enregistrent tous les deux pour leur mariage la chanson Cantique des cantiques.

En 2003, il figure parmi les artistes qui rendent hommage à Léo Ferré en reprenant Avec le temps.

Le groupe de rock français Dionysos l'embarque pour l'aventure de La mécanique du coeur parmi d'autres guests tels que Rossy de Palma ou encore Jean Rochefort. Il retrouve ce dernier dans le film de Samuel Benchetrit J'ai toujours rêvé d'être un gangster où il joue son propre rôle.

En mars 2008, Alain Bashung sort son 19ème album : Bleu Pétrole. Malgré un traitement pour soigner son cancer du poumon, il n'annule pas ses concerts à l'Olympia.

Face à la loi HADOPI et à sa riposte graduée, les «Corsaires du Web» lancent une «Offensive Illimitée».

Mardi 10 mars 2009
Communiqué n°1 des Corsaires du Web : Contre la loi HADOPI et sa riposte graduée, lançons une Offensive Illimitée !!!

Depuis quelques temps maintenant, un projet de loi scélérate, ourdi par un quarteron d’individus qui ont fait du clientélisme une méthode et du cynisme un état d’esprit, s’est fait jour dans l’esprit de nos dirigeants. Ces tristes sires, usant et abusant des facultés de nuisance obtenues par leur entregent sont désormais sur le point de parvenir à leurs fins. Le seul obstacle qu’ils pourraient rencontrer serait celui que leur dresserait spontanément l’ensemble des internautes coalisés. C’est parce qu’il est de l’intérêt de tous de faire barrage à leur sinistre entreprise qu’il est du devoir de chacun de se joindre au combat contre la loi HADOPI.

Ce projet de loi prévoit la création d’une Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur l’internet (HADOPI) chargée de couper la connexion à internet d’un utilisateur pour une durée d’un an si par trois fois ce dernier est surpris à mettre à disposition des fichiers en téléchargement illégal, mais également d’inscrire son nom dans un fichier référençant l’ensemble des citoyens ayant fait l’objet d’une telle mesure. Et ce de manière discrétionnaire, sans procès, sans avocats, et sans possibilité de recours effectif. Sans même l’intervention des autorités judiciaires devant normalement assurer le respect des lois dans celui des droits fondamentaux de la personne, puisque ce sont des officines privées de répression qui devront se livrer à la traque et de la dénonciation des utilisateurs.

Ces atteintes intolérables aux valeurs les plus essentielles d’une société démocratique et respectueuse des droits de l’homme, de même que les nombreuses incohérences de la loi ont déjà été dénoncées par la quasi-totalité des acteurs de l’internet français : le Parlement européen (par deux fois !!!), la CNIL (1) , l'ISOC (2) , les FAI (3), la société civile (4)… et même dans une moindre mesure par le Conseil d'Etat, l'ARCEP (5), les parlementaires de l’Assemblée nationale… jusqu’aux ministères de l’Economie et de la Justice !!!

C’est pourquoi, nous, Corsaires du Web, voguant à travers les réseaux P2P sur le flux des bits de données de nos fichiers, et porteurs des Lettres de Marque de la Liberté de circulation de l’information et de la culture, exhortons l’ensemble des internautes qui nous lisent à rejoindre nos rangs et à combattre la Loi HADOPI.

Nos moyens sont ceux que la technologie met déjà à notre disposition. C’est pourquoi, dans le cadre de l’opération « Offensive Illimitée », nous demanderons à tous les volontaires de :
- Mettre à disposition sur les réseaux P2P autant de fichiers que vos capacités de stockage le permette, de façon à augmenter leur disponibilité.
- Régler les limites d’upload de vos logiciels P2P au maximum, de manière à accélérer la circulation des fichiers.
- Laisser fonctionner vos logiciels P2P le plus longtemps possible, pour saturer le réseau de nos échanges et faire de cette technologie une avancée incontournable du 21ème siècle.
- Dans le cas de figure ou vous utiliseriez plusieurs logiciels P2P, d’entreposer dans un seul et unique dossier l’ensemble des fichiers téléchargés, afin d’accroitre l’interpénétration des réseaux.
- Signer toutes les pétitions favorables à nos vues et notamment celle de SVM .
- Diffuser le plus largement possible, par tous les moyens à votre disposition (forum, blog, mail, chat, facebook…) les présentes propositions ainsi que porter à la connaissance d’un maximum de personnes l’existence de l’opération « Offensive Illimitée » en copiant partout où cela vous semblera bon le présent document.

Notre objectif est triple :
- Briser les velléités de répression du gouvernement, imposées par le « diktat » de quelques puissants, en tuant dans l’œuf la loi HADOPI par la démonstration de son inutilité.
- Générer une croissance exponentielle des réseaux P2P par la multiplication des utilisateurs et des fichiers disponibles.
- Faire montre de la réactivité et des capacités de mobilisation massive des utilisateurs sitôt que leurs intérêts se voient menacés.

Parce que l’avenir de la Culture, de l’Information et même de l’économie passe par internet.
Parce le destin du Web dépend de celui de ses utilisateurs.
Parce que nos libertés de s’usent que si l’on ne s’en sert pas.

Nous exhortons tous ceux soucieux du devenir du Réseau à présenter un front uni face à une poignée de Grands qui ont réussi à établir un pronunciamiento permanent sur la Culture, qui ont été incapables d’anticiper les évolutions de leur propre marché et qui voudraient aujourd’hui nous faire payer le prix de leurs inconséquences.

Si l’opération « Offensive illimitée » rencontre un écho favorable parmi les internautes, les Corsaires du Web s’engagent à communiquer à nouveau entre juillet et août sur les vertus du P2P.


Les Corsaires du Web.

Le présent document est (naturellement) libre de droits.
1: La Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) est une autorité administrative indépendante française chargée de veiller à la protection des données à caractère personnel et de la vie privée. Elle a été créée par la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés.
2: Internet SOCiety : association ayant pour but de promouvoir et coordonner le développement des réseaux informatiques dans le monde.
3: Fournisseurs d’Accès à Internet
4: Par le biais d’une pétition : http://www.svmlemag.fr/petition_riposte_graduee
5: Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes.
http://www.svmlemag.fr/petition_riposte_graduee

par Critias
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vendredi 13 mars 2009

le coup de gueule de Christophe

écoutez moi ça
Courage Christophe et gueule , gueule .... tu es magnifique, même si c'est la misère
Courage

mardi 10 mars 2009

L'UFC juge la loi Création et Internet "dangereuse"

L'UFC juge la loi Création et Internet "dangereuse"

NOUVELOBS.COM | 10.03.2009 | 12:27

L'association de consommateurs renouvelle son opposition au projet de loi "Création et Internet", examiné mercredi par les députés, qu'il juge "répressif" et "obsolète".

(c) Sipa

Alors que les députés doivent examiner à partir de mercredi le projet de loi, qui instaure une "riposte graduée" contre les internautes se livrant au téléchargement illégal, l'association de consommateurs, l'UFC-Que Choisir épingle mardi 10 mars "un projet de loi inutile et dangereux". Jugé "répressif", le projet de loi "méconnaît totalement le principe de la présomption d'innocence et prive le consommateur du droit à un procès équitable", car c'est à lui "de faire la preuve de son innocence, et cette possibilité ne lui est offerte qu'en bout de course", déplore l'UFC.

"Obsolète"


D'autre part, le projet s'avère déjà "obsolète" car "le mécanisme de la réponse graduée s'appuie sur des rouages techniques totalement dépassés". "La majorité des logiciels de téléchargement disponibles sont en mesure de rendre l'internaute totalement invisible sur la toile". Pire, "il est très facile de pirater une connexion Internet sans fil (Wifi)", assure UFC-Que Choisir qui a mené des expériences en ce sens.

Offre attractive


Parmi les autres défauts pointés de la loi, l'absence de proposition concrète pour améliorer l'offre légale. "Il est illusoire de penser que le consommateur va se tourner vers une offre légale dont il ne veut pas parce qu'il serait privé de la possibilité de télécharger librement sur Internet", juge l'Union fédérale des consommateurs. L'UFC estime que "la seule véritable alternative est de créer une offre légale suffisamment attractive pour rivaliser avec le téléchargement libre". "Il n'existe encore aucune formule proposant un accès à l'ensemble des catalogues à des prix réalistes".

Une industrie "prospère"


Enfin "l'industrie de la musique ne souffre d'aucune crise", assure l'UFC. "En réalité, seule la vente de support souffre, soit le CD, une technologie obsolète", et "l'industrie du film n'est pas plus affectée", elle est même "très prospère".

Licence globale


L'UFC propose "à moyen terme une licence globale" et "la mise en place d'un marché de gros (les catalogues, NDLR) encadré par une institution indépendante". "Il est également nécessaire de mettre en place dès aujourd'hui des outils permettant une comptabilisation fiable et équitable des usages des différentes œuvres", et ce afin d'offrir "une rémunération plus juste des artistes".
(Avec AP)
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Le secret américain de Nicolas Sarkozy

Le secret américain de Nicolas Sarkozy


Dans les coulisses du pouvoir, il y a ceux mis au devant de la scène, ceux qui restent dans l’ombre et, surtout, ceux des tréfonds que nul n’entrevoit jamais. Qui connaît Frank George Wisner ? Ce senior américain, diplomate et homme de réseaux, pourrait bien être la clé pour expliquer l’ascension fulgurante de Nicolas Sarkozy. Le chef de l’Etat français bénéficie là du meilleur conseiller occulte pour jouer un rôle dans la marche du monde. A condition que le Président continue de servir avant tout les intérêts de l’Empire américain, que celui-ci soit dirigé par Bush ou Obama.

« Un néo conservateur américain à passeport français » : la formule cinglante d’Eric Besson au sujet de Nicolas Sarkozy, formulée en vue de la campagne électorale de 2007, demeure d’une lucidité implacable. Le nouveau ministre chargé de l’immigration n’ira sans doute plus remettre en question le patriotisme de son mentor. Il n’en demeure pas moins que le mystère du succès rapide dans la conquête du pouvoir suprême par Nicolas Sarkozy passe par l’analyse de son rapport personnel aux Etats-Unis.


A cet égard, le destin peut s’avérer facétieux lorsqu’il veut avantager un jeune ambitieux désireux d’atteindre les sommets. C’est vers la fin des années 70 que le jeune loup du RPR saura tirer profit d’une fortune incomparable : le remariage de sa belle-mère, Christine de Ganay, avec un personnage prometteur de la vie politique américaine, Frank George Wisner.
Celui-ci avait déjà hérité d’une charge lourde : le patronyme et la carrière sulfureuse d’un homme exceptionnel, dans ses coups d’éclat comme dans sa folie, Frank Gardiner Wisner (1909-1965), cofondateur de la CIA. Le père Wisner, impliqué dans les renversements du pouvoir au Guatamala et en Iran, restera célèbre pour l’opération Mockingbird (un noyautage réussi des médias américains par des agents de la CIA), avant de se suicider en 1965, victime de démence. Né en 1938 à New York, diplômé de Princeton, le jeune Frank George ne marchera pas exactement dans les pas de son père mais suivra plus habilement un tracé parallèle : la diplomatie, dont on connaît les passerelles avec le monde de l’espionnage. Il apprendra ainsi l’arabe au Maroc dans son détachement effectué pour le compte du Département d’Etat avant un bref passage par Alger après l’indépendance et un long séjour au Vietnam. De retour à Washington en 1968, il sera chargé des affaires tunisiennes. Plus tard, après la spécialisation dans les questions asiatiques et arabes, Frank George Wisner exerça le poste d’ambassadeur en Zambie, en Egypte, aux Philippines et en Inde.


Derrière ces honorables activités, qui ont culminé par un poste de sous-secrétaire d’Etat sous Clinton et , plus récemment, dans sa médiation pour la Troika dans le règlement de la crise au Kosovo, Frank G. Wisner demeure, selon ses détracteurs, la clé de voûte dans l’exécution de l’espionnage économique pour le compte de la CIA. Mieux encore, l’homme est la caricature du personnage multicartes et influent, présent dans tous les centres réels ou fantasmés du pouvoir parmi lesquels les fameux Council on Foreign Relations ou le groupe Bilderberg. Mais c’est en 1997 qu’un tournant s’opère : après avoir longtemps manœuvré dans le monde feutré de la diplomatie et des renseignements, Wisner se risque à mélanger encore plus à mélanger les genres en rejoignant, au sein de son conseil d’administration, l’entreprise Enron ,la célèbre compagnie énergétique qui fera scandale quatre ans plus tard et dont la gigantesque fraude en Californie, portant sur des milliards de dollars, ne sera jamais exactement détaillée, « grâce » à la disparition des milliers de pages caractérisant la fraude fiscale dans la destruction des bureaux de la SEC, gendarme américain des opérations boursières , lors de la chute de la Tour 7 du World Trade Center.


Ironie du sort, ou étrange coïncidence, la sécurité de ce gratte-ciel (effondré alors qu’il ne fut pas percuté par un avion en ce jour du 11 Septembre 2001) relevait de la compagnie Kroll Associates, qui appartenait alors à l’AIG, assureur dont Wisner est le vice-président . S’il est vrai que les entreprises prestigieuses sont souvent interconnectées de par leurs administrateurs, il est notable de constater la récurrence curieuse de Wisner dans les anomalies du 11 Septembre. Ainsi, pour résumer, l’homme, spécialiste du monde musulman et de l’espionnage économique, responsable haut placé de Enron et de l’AIG, échappe à toute poursuite judiciaire lors du scandale Enron, jamais complètement décrypté de par la destruction des détails compromettants lors de la chute controversée d’un immeuble du World Trade Center qui abritait également, autre heureuse coïncidence, les bureaux de la CIA dédiés précisément à l’espionnage économique…


Le 11-Septembre, secret de famille



Quel rapport dès lors entre ce personnage sulfureux et Nicolas Sarkozy, mis à part le lien familial d’antan?
A priori, il serait logique de présumer que le temps et la distance géographique auront naturellement creusé le fossé entre le chef de l’Etat et la famille de l’ancienne belle-mère. Il n’en est rien. Pour preuve, la campagne électorale de l’UMP qui a porté triomphalement au pouvoir, et dès la première tentative, Nicolas Sarkozy, disposait dans ses rangs d’un acteur discret, responsable de la section anglophone, mais dont le nom est suffisamment éloquent : David Wisner. Celui-ci semble également reprendre le flambeau de la lignée Wisner puisqu’il a intégré le Département d’Etat en septembre dernier, après des études d’arabe.


Et au-delà du légitime renvoi d’ascenseur du chef de l’Etat envers le fils de son parrain d’outre-atlantique, une autre fait passé inaperçu mérite d’être évoqué, non comme la preuve mais plutôt comme l’indice de la volonté présidentielle d’occulter l’existence et les agissements troubles de Wisner. S’il s’avère à l’avenir que les fameux délits d’initiés opérés à la veille du 11-Septembre ont été le fait de citoyens américains avertis, dont le point commun serait d’être à la jonction du renseignement et de la finance, alors il ne serait guère étonnant de voir figurer sur la liste de ces personnes au vent d’un « attentat terroriste imminent » un certain Frank George Wisner. Outre qu’il ait bénéficié de la destruction du dossier fiscal Enron tout en étant dans le même temps responsable de la sécurité du World Trade Center via Kroll Associates ( détenue par AIG), une réçente réaction de Nicolas Sarkozy pourrait laisser penser que le silence en la matière doit s’imposer.


En effet, selon le Canard Enchaîné du 24 septembre 2008, le Président avait vivement critiqué le Pdg de la chaîne info internationale, France 24, pour avoir organisé un débat sur la « théorie du complot » autour du 11-Septembre. Cette réaction de Nicolas Sarkozy pourrait prêter à sourire si elle venait simplement confirmer sa propension légendaire à tout régenter, y compris la programmation audiovisuelle. Mais compte tenu de l’implication éventuelle d’un de ses proches dans les coulisses logistiques et financières de l’attentat du World Trade Center, la colère présidentielle prend une toute autre tournure. De par le signal qu’il envoie ainsi aux journalistes mainstream tentés d’évoquer à l’antenne la question des zones d’ombre du 11-Septembre, le message relève plus de la censure tacite d’un sujet grave que de l’irritation d’un téléspectateur capricieux. Sans aller jusqu’à faire de Wisner un des instigateurs du 11-Septembre, il est plus vraisemblable de supposer que sa position et ses relations l’ont idéalement avantagé pour faire partie de ceux à avoir, « au mieux » anticipé l’événement, au pire participé par une quelconque assistance matérielle, en l’occurrence la mise à disposition de la gestion de la sécurité électronique des 3 tours effondrées, de par l’implosion de bombes pré-installées selon certains scientifiques spécialistes de la démolition contrôlée.


Au-delà des inévitables spéculations sur le rôle exact de Wisner dans l’opération à multiples facettes du 11-Septembre, force est de constater que l’homme dispose des diverses relations accumulées depuis près de 50 ans dans les élites dirigeantes des Etats-Unis et les cercles internationaux pour pouvoir, si besoin est, favoriser le jeune politicien impétueux que son épouse française affectionne. Nicolas Sarkozy doit beaucoup à Jacques Chirac pour son maillage lent et progressif du corps électoral français. Il doit sans doute davantage encore à Frank George Wisner pour avoir obtenu l’assentiment et la faveur de l’hyper-puissance occidentale.

Les parrains occultes du Président et méconnus du citoyen sont souvent les plus redoutables.

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publié par Chamizam à

Une loi déconnectée de la réalité

Une loi déconnectée de la réalité

16 réactions

ERWAN CARIO

Pour lutter contre le téléchargement illégal : deux avertissements puis coupure de l’accès à Internet en cas de récidive de la part de l’internaute fautif. Le principe de la riposte graduée, pilier de la loi Création et Internet, semble tenir de l’évidence. Mais les débats, qui commencent aujourd’hui à l’Assemblée nationale, vont être agités. Car, du casse-tête juridique aux nombreux problèmes techniques, en passant par un impact économique incertain, rien n’est vraiment simple et le texte reste dans le flou.

Casse-tête juridique

C’est la raison d’être de la loi : contourner l’autorité judiciaire pour mettre en place un système de sanction semi-automatisé. La loi Dadvsi, votée en 2005, avait mis en place une sanction pour contrefaçon : jusqu’à 30 000 euros d’amende et cinq ans de prison. Evidemment, elle s’est vite trouvée inapplicable, et on imagine mal les tribunaux remplis de mamies Lucette ayant téléchargé le dernier Adamo. La loi Création et Internet prévoit donc de mettre en place une Haute autorité administrative, l’Hadopi, chargée de sanctionner les vils internautes.

Par ailleurs, ces derniers ne seront pas coupables d’avoir récupéré une œuvre protégée sur le Net, car la procédure pour le prouver est impossible à automatiser, mais d’avoir failli à leur «obligation de veiller à ce que cet accès [Internet] ne fasse pas l’objet d’une utilisation à des fins de reproduction, de représentation, de mise à disposition ou de communication au public d’œuvres ou d’objets protégés par un droit d’auteur ou par un droit voisin sans l’autorisation des titulaires des droits». Du coup, dans aucun des avertissements ne sera précisé l’œuvre soi-disant téléchargée. Et le seul recours possible (devant le juge) se fera au moment de la sanction. Les modalités du recours seront fixées par décret après le passage de la loi. Comme à peu près tous les détails un peu gênants du texte.

Mais cette évacuation de l’autorité judiciaire est loin de faire l’unanimité. Et un simple amendement, déposé au Parlement européen dans le cadre de la discussion sur le «paquet Télécom» pourrait tout faire capoter. Déposé notamment par l’eurodéputé PS Guy Bono, il précise : «Aucune restriction aux droits et libertés fondamentales des utilisateurs finaux ne doit être prise sans décision préalable de l’autorité judiciaire.» Déjà voté en première lecture par 88 % des députés en septembre, il devrait être soumis à nouveau en avril. Et même si les défenseurs du texte français soutiennent aujourd’hui que l’accès à Internet n’a rien d’une liberté fondamentale, ils risquent bel et bien de se retrouver avec une coquille vide en guise de loi.

FLOU économique

Repérage des téléchargeurs, envoi de mails et de courriers recommandés, coupure d’accès, protection des lignes Internet, recours éventuels : mettre en place une procédure aussi complexe coûte cher. Et si le ministère de la Culture avait d’abord estimé l’enveloppe budgétaire à 6,7 millions d’euros, la facture a déjà commencé à exploser avant même la mise en place du dispositif. C’est la phase d’identification des internautes du côté des fournisseurs d’accès à Internet (FAI) qui va faire mal. Le ministère prévoyait une enveloppe entre deux et trois millions d’euros pour cette opération. Bien tenté, mais on se dirige plus vers un coût autour de dix millions d’euros par FAI. Qui devra être compensé, soit par l’Etat, soit par les consommateurs.

Mais ce qui peut vraiment chiffonner, c’est le manque de visibilité sur l’impact réel de la riposte graduée sur l’économie de la filière culturelle. D’un côté, l’effet réel du piratage sur les ventes n’a jamais été chiffré, comme l’a souligné la Cnil. Dans son avis sur la loi, elle explique «déplorer que le projet de loi ne soit pas accompagné d’une étude qui démontre clairement que les échanges de fichiers via les réseaux "pair à pair" sont le facteur déterminant d’une baisse des ventes dans un secteur qui, par ailleurs, est en pleine mutation». De l’autre, on voit mal comment une loi répressive pourra, à un moment où le pouvoir d’achat n’est pas au top, aboutir à une augmentation du chiffre d’affaire d’un secteur en crise.

Pépin technique

On pouvait s’en douter, vouloir réguler un environnement technique en perpétuelle évolution, c’est un peu plus compliqué que de contrôler la vitesse des voitures sur une autoroute. Repérer les internautes, d’abord, ce n’est pas si simple. La technologie dite peer to peer est basée sur la communication des adresses Internet entre utilisateurs, et permet donc assez facilement d’identifier les fautifs. Mais les informations recueillies ne sont pas infaillibles, et on ne compte plus le nombre de cas litigieux à travers le monde.

Par ailleurs, d’autres méthodes de téléchargement sont beaucoup plus difficiles à détecter. En premier lieu le streaming (lecture directe dans un navigateur web) et le téléchargement direct sur un site. Ensuite, couper Internet, d’accord, mais entre les offres triple play (Web, téléphone, télé), les différentes zones d’accès (dégroupage ou non), et les différentes technologies, il faut s’attendre à une jolie collection de ratés.

Enfin, il y a tout ce qu’on ne connaît pas encore, toutes les évolutions qui feront l’Internet de demain. Le réseau est un écosystème technique qu’il faut accompagner pour ne pas se faire dépasser. Aujourd’hui, on veut essayer d’éradiquer un usage devenu massif au lieu d’essayer d’inventer un nouveau modèle qui pourrait profiter de cet élan. C’est non seulement un choix inutile, mais aussi un pari dangereux, car perdu d’avance, pour le secteur culturel.

lundi 9 mars 2009

Dépasser le simplisme du piratage

Dépasser le simplisme du piratage

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François de Bernard président du Germ (Groupe d’études et de recherches sur les mondialisations).

Le piratage numérique est une problématique résistant aux simplismes qui prétendent la réduire à cela : une nouvelle forme de piraterie, immorale, dangereuse pour l’économie, la création et «l’économie de la création». Quant au projet de loi Création et Internet (1), c’est une mauvaise réponse à une question de fond que politiques et industriels s’obstinent à mal traiter depuis une décennie. Nous voici donc à la veille d’une autre loi pour rien, qui ne réglera aucun problème (surtout pas celui des profits déclinants des majors), qui ne fera qu’exacerber les conflits entre société civile et diffuseurs, et qui pénalisera autant les auteurs que leurs publics en laissant de côté l’essentiel : une éducation critique et responsable aux nouveaux moyens et usages numériques.

De fait, le changement de paysage dû à l’économie numérique est de nature anthropologique et sociologique, bien plus que technologique et économique. C’est le sens même de la création, de l’accès aux savoirs et aux cultures qui se trouve dématérialisé et modifié en profondeur. Or, ce qui a été élaboré en réponse sur les plans juridique et politique l’a été sur le postulat d’une mutation seulement techno-économique. Le résultat en est une inadéquation inquiétante entre, d’un côté, les conceptions et les usages sociaux, d’un autre côté, la gestion des contentieux liés.

Le premier écueil auquel nous sommes confrontés est de stigmatiser le piratage et les pirates en leur attribuant la responsabilité de l’effondrement du marché du disque (par exemple extensible à d’autres secteurs). En réalité, les ressorts de la crise déjà ancienne des industries éditoriales et informationnelles sont aussi multiples que ceux de la crise financière actuelle. Ils engagent une responsabilité beaucoup plus étendue que celle de citoyens internautes ne se conformant pas aux règles fluctuantes édictées par des pouvoirs publics peu cohérents, des acteurs industriels en manque d’imagination et des syndicats professionnels aussi perplexes que leurs positions sont divergentes.

Le deuxième écueil est de persister à analyser les problématiques concernées et à y élaborer des réponses politiques et juridiques dans un cercle très restreint de décideurs. En effet, cette pratique consanguine n’est pas seulement critiquable d’un point de vue démocratique : elle est aussi contre-productive. Car elle ne peut que nourrir plus d’opposition, plus de contestation, plus de transgression, bref : plus de piratage. Or, le prix collectif de cette privatisation du débat est considérable et ne va cesser de s’alourdir.

Le troisième écueil, qui relève d’une faute d’analyse et de méthode, consiste à plaquer du droit normatif «nouveau» sur une configuration aussi évolutive et instable. Soulignons à cet égard que face à la crise financière, on s’est au moins dispensé de mettre en place un nouvel arsenal juridique prétendant répondre à son défi multiforme. On s’est limité à des mesures plastiques, résilientes, censées permettre de «surmonter» cette crise, dans l’attente de l’évaluer sur le fond et de préparer des dispositifs de moyen et long terme visant à éviter la réapparition future de crises semblables.

Mais que faire pour triompher de pareils écueils ? Il est en premier lieu indispensable de surseoir au vote du projet de loi Hadopi au motif de ses insuffisances notoires, de son caractère unilatéralement répressif, ainsi que des obstacles supplémentaires qu’il ne peut qu’engendrer à une résolution durable des problèmes qu’il est censé traiter.

Il apparaît ensuite souhaitable d’organiser une consultation nationale des artistes, acteurs éducatifs, sociaux, culturels et de la recherche sur la question des «Nouveaux moyens et usages numériques dans les domaines de la création, des savoirs et des informations». En effet, l’état des lieux, les diagnostics disponibles sont loin d’être satisfaisants, tant les groupes d’intérêts privés les ont obscurcis. Cette consultation, qui réclame temps et réflexion, devrait se conclure par des Etats généraux des pratiques numériques, associant aux protagonistes de la première phase les responsables politiques et économiques concernés.

Enfin, sur la base des résultats de ces travaux, on pourrait alors reprendre le débat politique en s’intéressant à celui mené par les autres pays de l’Union européenne et le Parlement européen. On prendrait également soin de consulter l’Unesco, l’Ompi, ainsi que les représentations qualifiées de tous les pays engagés dans des démarches analogues. On ne procéderait ainsi à la refonte du projet de loi actuel qu’après qu’auront été menées à bien ces différentes étapes de consultation, de diagnostic et d’élaboration de propositions.

C’est seulement au prix d’une telle exigence que l’on pourrait légiférer sur les usages numériques de manière à la fois pertinente, utile et pérenne en faveur de l’intérêt général.

(1) Encore nommé «Hadopi», il sera discuté à partir du 10 mars à l’Assemblée nationale, pour un vote à la hâte prévu avant la fin mars.

mardi 3 mars 2009

L’Europe centrale au bord de la faillite

L’Europe centrale au bord de la faillite

La gloutonne Europe a-t-elle eu les yeux plus gros que le ventre ? L’addition de l’élargissement coûte que coûte notamment à l’Est risque d’être salée. Si demain ces Etats entraient en faillite l’onde de choc pourrait être terrible pour l’Union et l’ensemble de ses états membres. Dimanche, le sommet de Bruxelles des 27 a rejeté un plan de sauvetage généralisé sans fermer toutefois la porte à des aides au cas par cas.

La confiance. Sans elle le système financier international peut difficilement fonctionner. Aprés l’effondrement de grands établissements financiers les marchés avaient, pensaient-ils, trouvé des partenaires sûrs, les Etats. Aujourd’hui pourtant, face à l’affolement des compteurs et à la valse des milliards, l’inquiétude pointe, notamment sur la capacité de certains pays de l’UE à rembourser leur dette. Les Etats garantissent tout, banques, dépôt des ménages et des entreprises mais, garantissent-ils contre leur propre faillite ? D’ores et déjà, la Lettonie est officiellement au bord de la banqueroute.

Certes, tous les pays de l’UE ne sont pas à ranger dans le même panier mais personne ne peut garantir qu’il n’y ait pas un effet domino. La crête de la crise est loin d’être passée. Sans sombrer dans le catastrophisme, le risque de collapsus ne peut être ignoré.

Face à une telle situation, l’UE est bien désarmée. Le Traité européen ne permet pas a priori de sauver un pays au bord du défaut de paiement. Une solution pourrait consister pour le pays concerné en une sortie de la zone euro afin de profiter des avantages procurés dans un premier temps par une dévaluation. Une autre solution résiderait dans un prêt des États en bonne santé avec le concours financier éventuel du FMI.

Non sans raison il est reproché à la Commission d’avoir permis aux ex pays de l’Est d’intégrer l’Europe alors qu’ils n’étaient pas prêts, avec un décalage en terme de niveau de vie très conséquent.

Comme le souligne The Economist, “si un pays comme la Hongrie ou l’un des trois Etats baltes devait s’effondrer, l’ouest de l’Europe serait l’une des principales victimes de l’onde de choc. Les banques autrichiennes, italiennes et suédoises, qui ont massivement investi et prêté aux nations d’Europe orientale, enregistreraient des pertes colossales si la valeur de leurs avoirs dégringolait subitement. La vague de défauts de paiement qui s’ensuivrait, ajoutée aux réflexes protectionnistes de chacun, pourrait facilement réduire à néant l’une des plus grandes réussites européennes, le marché unique.”

François Lenglet, rédacteur en chef de La Tribune rappelle que, “Dans l’entre-deux guerres, c’est la faillite d’une banque autrichienne, la Kreditanstalt, qui avait déclenché la dépression dans une Europe qui croyait jusqu’alors que la crise n’était qu’américaine. C’était en mai 1931, dix-neuf mois après le krach d’octobre 1929. Nous sommes en mars 2009, dix-neuf mois après le début de la crise des “subprimes”, en août 2007.

Tout en se méfiant des anachronismes, force est de reconnaître, qu’un effondrement financier des “pays de l’Est” signifierait outre la fin de l’expansion de l’UE, de réelles difficultés en interne. Les élargissements successifs se sont construits sur un transfert conséquent de richesses, en période de croissance, des anciens Etats vers les nouveaux entrants. Pas sur un partage de la misère ou de la récession. Le risque de schisme est avéré entre les membres de l’UE de la zone euro, protégés par cette unité monétaire, et les autres. Ce que le premier ministre hongrois, a résumé, hier à Bruxelles dans la formule « nous ne devons pas permettre qu’un nouveau rideau de fer ne divise l’Europe en deux ».

Pour l’éviter, l’UE a déjà mobilisé 50 milliards d’euros, à travers sa facilité de balance de paiements et un plan d’assistance avec trois grandes institutions financières internationales. Pourtant, les opinions publiques des anciens pays du bloc de l’Est doutent. Le clivage entre petits et grands Etats, notamment la France et l’Allemagne refait surface, alimenté par le mépris ouvertement affiché par Paris à l’égard de la présidence Tchèque de l’Union et la brutalité d’Angela Merkel sur le sujet des oléoducs.

Derrière ce risque majeur existe pourtant une folle espérance : faire enfin émerger une Europe politique qui prenne le pas sur l’Europe des marchés. Un beau sujet à méditer à seulement quelques encablures des élections européennes de juin prochain.